La maison du couple Vain remplacée par une nouvelle résidence / Des pavés en hommage au couple Mizrahi

Joséphine et Édouard Vain habitaient la maison du 31 rue du Cours à Sotteville-lès-Rouen. Ils occupaient le rez-de-chaussée et louaient l’étage à la famille Mizrahi.

Joséphine Vain née Mouquet (1886-1972) et Édouard Vain (1885-1969), nommés justes parmi les nations en 2001.
Joséphine Vain née Mouquet (1886-1972) et Édouard Vain (1885-1969)

Raphaël Mizrahi, Corinne Mizrahi (née Kalo Abéni) et leurs enfants Isaac et José, sauvés par Joséphine et Édouard Vain
Raphaël et Corinne Mizrahi (née Kalo Abéni), leurs enfants Isaac et José
La maison du couple Vain, qui a caché les enfants juifs Mizrahi, rue du Cours à Sotteville-lès-Rouen
La maison ayant appartenu à M. et Mme Vain

Hélas, pendant la seconde guerre mondiale, la famille juive n’a pas échappé aux rafles… Les parents ont été déportés à Auschwitz, mais les époux Vain ont sauvé et élevé les enfants.

Daniel Andrieu écrivait dans le livre « Sotteville, la place Publique » :

Raphaël Mizrahi habite au 31 rue du Cours avec sa famille. Il est arrêté à Paris puis déporté le 14 septembre 1942, sans retour. (…) Quand son épouse, Corinne Mizrahi est arrêtée à son domicile, ses enfants, Isaac et José sont extirpés de leurs lits par les propriétaires, M. et Mme Vain et cachés à l’étage inférieur. Ils fréquentent l’école Ernest Renan. Le directeur, M. Sannier, demande à Mme Vain de découdre les étoiles jaunes. Ils assurent avec M. Pierre Varache, instituteur, membre des FFI, une protection des enfants où le silence est la règle.
Édouard et Joséphine Vain ont été reconnus « Justes parmi les nations » à titre posthume en 2001. Une plaque en leur hommage a été édifiée allée des Justes à Jérusalem, allée des Justes à Paris, mais également rue du Cours à Sotteville-lès-Rouen où se trouvait leur maison. Comment ce couple de sottevillais modeste, âgé à l’époque de la soixantaine, a-t-il puisé cette force pour adopter ces deux jeunes garçons ?

Plaque sur la maison de Joséphine et Edouard Vain, justes parmi les nations, qui ont caché les enfants juifs Isaac et José Mizrahi, rue du Cours à Sotteville-lès-Rouen

Mais un projet immobilier voit le jour ici. La maison est démolie en 2019 :

Démolition de la maison du couple Vain, rue du Cours à Sotteville-lès-Rouen

La construction de la nouvelle résidence débute en 2020. Nous en avions déjà parlé dans cet article.

Construction d'un nouvel immeuble à l'emplacement de la maison de Joséphine et Edouard Vain, rue du Cours à Sotteville-lès-Rouen

Les premiers habitants ont emménagé dans la résidence Denise Bloch en janvier 2022 :

Nouvelle résidence à l'emplacement de la maison Vain, rue du Cours à Sotteville-lès-Rouen

Après la fin du chantier, deux pavés ont été posés lors du bitumage du trottoir, pour rendre hommage aux époux Mizrahi. Ils seront inaugurés le dimanche 8 mai 2022, en même temps que les 11 autres « Stolpersteine » dont nous avons déjà parlé, mémoire aux familles Kavayero (47 rue du Cours) et Cohen (9 rue Armand Carrel).

Pavés de mémoire "Stolpersteine" 31 rue du Cours à Sotteville-lès-Rouen, hommage aux époux Mizrahi

Hélas, cette commémoration se fera sans José Mizrahi dont on vient d’apprendre le décès le 9 mars 2022 à l’âge de 86 ans, lui qui attendait avec impatience de voir ces deux « pavés de mémoire » de laiton posés devant l’ancien domicile de ses parents. Son frère Isaac est décédé il y a déjà plusieurs années.

9 commentaires

  1. Oui bien sur, les pavés de mémoire, c’est une très bonne initiative pour témoigner auprès des générations futures, mais ai-je mal lu… qu’est devenue la plaque rendant justice aux époux Vain?

  2. Bonjour, la photographie que vous avez légendée de « Kalo et Rafael » représente en fait la soeur et le frère de Kalo à Istanbul. Je suis la cousine germaine de José Mizrahi et j’ai connu bien ma tante et oncle qui sont sur la photo. Merci de remplacer cette photo par une autre que les Archives departementales pourraient conserver des époux Kalo & Rafael, parents de José (et Isaac) Mizrahi. Bien cordialement, Sara Yontan Musnik

  3. Bonjour,
    Comme nous l’avions fait pour les Pavés de Mémoire des familles COHEN et KAVAYERO, la biographie de Raphaël et Kalo MIZRAHI (par Françoise Bottois, autrice du livre « De Rouen à Auschwitz », 2015) sera mise en ligne très vite sur « Stolpersteine Guide », le site / l’application qui géolocalise les pavés posés. Nous y ferons figurer des photographies dûment vérifiées, émanant de la collection déposée par José Mizrahi aux Archives départementales: https://stolpersteine-guide.de/map/staedte/205/rouensotteville
    A propos de la plaque à la mémoire des Justes Edouard et Joséphine Vain: elle a été conservée par la mairie de Sotteville, qui compte la faire réapposer lorsque cela sera possible.
    J’en profite pour réagir à un post précédent, concernant la localisation du dernier domicile sottevillais de la famille COHEN: la rue Armand Carrel a effectivement été renumérotée, l’ancien n°35 correspond à l’actuel n°9 (vérification par comparaison des recensements d’avant et d’après-guerre).
    Nous vous attendons nombreux à la cérémonie d’inauguration de demain dimanche 8 mai, qui commencera à 9h30 devant le 48 rue du Cours (seul le 47 est visible aujourd’hui). Elle se poursuivra devant le 31 rue du Cours, puis le 9 rue Armand Carrel.
    Corinne Bouillot, pour l’association « Pavés de Mémoire Rouen Métropole »
    Présentation du projet global et actualités sur https://pavesmemoirerouen.monsite-orange.fr/

  4. Cet article me replonge quelques 50 ans en arrière et ceci est d’autant plus troublant que j’ai moi-même pensé à cette famille AVANT de lire votre article. Mais il n’ y a pas de coïncidence, comme chacun sait (ou devrait savoir).

    C’est ma mère (1911-1996), couturière pendant la guerre, qui avait Mme VAIN comme cliente. Au cours d’un entretien, Mme VAIN a raconté la rafle de la famille MIZRAHI. En un coup de vent, Mme VAIN a tout juste eu le temps de dire à Mme MIZRAHI : « Ne vous inquiétez pas, je les élèverai comme s’ils étaient les miens. ».
    Ma mère était passablement émue quand elle m’a raconté çà, alors que je ne devais être qu’un adolescent ou jeune adulte. Dans la fourchette 1965-1975, pour mieux situer.

    Mon seul regret est de ne pas pouvoir faire la connaissance d’Isaac et de José.

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