80e anniversaire de la rafle du 15/16 janvier 1943

La grande rafle des Juifs des 15-17 janvier 1943 en Seine-Inférieure frappe 222 personnes. Dans le cadre de ce que les nazis appellent la « Solution finale », elle est préparée par la Gestapo de Paris en liaison avec les services d’Eichmann à Berlin. Elle doit « liquider le département de ses Juifs ». Les ordres sont relayés au niveau local par la Sipo-SD, Police de sûreté et Service de sécurité de la SS. Dans le « Grand Rouen », à savoir Rouen et les communes limitrophes, sont arrêtées 146 personnes dont 31 enfants.

A Sotteville, 16 personnes sont arrêtées à leur domicile par la police française dans la nuit du 15 au 16 janvier 1943. Elles sont emmenées au centre d’internement et de regroupement de la rue Poisson à Rouen, où elles passent le reste de la nuit avant d’être transférées à Drancy.

Camp de Drancy
Wagon de Drancy

14 d’entre elles sont déportées sans retour à Auschwitz. Parmi elles, les 8 membres de la famille Kavayero. La plus jeune victime sottevillaise, Suzanne Kavayero, avait 6 ans quand elle a été gazée dans le centre de mise à mort.

Les cinq enfants Kavayero.
En haut : Suzanne, Élie, Diamante. En bas : Sarah, Esther.
Les parents, Perla et Moïse Kavayero,
ainsi que la grand-mère Estéréa Goarguir

Pour plus de détails, vous pouvez lire la biographie de la famille Kavayero (48 rue du Cours).

Pour la famille Mizrahi (31 rue du Cours), seule Kalo a été arrêtée lors de cette rafle. Raphaël, son mari, avait déjà été exécuté à Auschwitz. Leurs enfants, Isaac et José, ont été cachés et élevés par M. et Mme Vain.

La famille Cohen (35 rue Armand Carrel) a quant à elle, été arrêtée dans l’Oise un peu plus tard.

5 autres sottevillais, ont été arrêtés les 15/16 janvier 1943, sans retour non plus.

Kalo (Corinne) Mizrahi

Depuis 2020, l’association Pavés de Mémoire Rouen Métropole est à l’initiative de la pose de 83 Stolpersteine de l’artiste Gunter Demnig pour les familles avec des enfants mineurs victimes de la Shoah sur le territoire de la Métropole. Elle a fait poser 13 de ces pavés de mémoire à Sotteville-lès-Rouen, aux adresses de ces trois familles, en partenariat avec la Ville. Un reportage photo a été réalisé par Sotteville au fil du temps lors de leur inauguration le 8 mai 2022.

A l’occasion du 80e anniversaire de la rafle du 15/16 janvier 1943 et, puisque 9 des victimes ont aussi un pavé de mémoire, une déambulation est organisée.

Le dimanche 15 janvier 2023 à 14h00,
l’association « Pavés de Mémoire » invite les Sottevillais à rejoindre ses adhérents pour rendre hommage aux victimes et nettoyer les 13 pavés de mémoire.

Rendez-vous à l’angle de la place Voltaire et de la rue du Cours pour une déambulation aux 3 adresses concernées :
48 rue du Cours, 31 rue du Cours, 9 rue Armand Carrel

La commémoration comporte également 4 circuits sur Rouen, ainsi qu’un temps convivial à 16h00 à la Maison de quartier « Cloître des Pénitents », 8 Allée Daniel Lavallée, auquel vous êtes invités.

► VOIR L’INVITATION


Mise à jour du 15 janvier 2023 :

Une quinzaine de personnes se sont rendues aux adresses des 3 familles pour leur rendre hommage et nettoyer les Pavés de Mémoire.

Parmi elles, des descendants des familles déportées Kavayero et Mizrahi sont venus de Paris pour se rassembler, certains se voyaient pour la première fois !

► VOIR ET TÉLÉCHARGER LES PHOTOS

Pour en savoir plus :
Françoise Bottois, De Rouen à Auschwitz. Les Juifs du « Grand Rouen » et la Shoah, Ovadia, 2015

10 commentaires

  1. Merci pour ce rappel. Je compte être à la commémoration dimanche prochain.
    Cordialement,
    Sara Yonatan, nièce de Kalo Mizrahi

  2. Un grand merci pour cette initiative , nous étions très émus de voir l implication de tant de personnes dans ce projet , Grâce à vous tous, notre famille ne sera pas oubliée.
    Famille Guarguir/Kavayero.

  3. Merci à tous ceux qui ont organisé cet hommage à Rouen et à Sotteville ; et à ceux qui ont activement participé à sa réalisation et à sa communication (comme l’auteur de ce blog!). C’était émouvant de voir des jeunes locaux y prendre part également(un dimanche après midi pluvieux!) grâce à l’implication de leurs professeures.

  4. Oui, merci pour ce rassemblement que nous devons à l’association Pavés de Mémoire et merci infiniment à Laurent d’avoir été présent pour ce reportage photo touchant, qui fait désormais partie de l’histoire de Sotteville.

  5. Je ne suis pas liée familialement à ces pauvres gens mais j’aurais aimé pouvoir leur rendre hommage mais je n’ai malheureusement pas eu l’information.
    C’est un tel drame.
    L’initiative cependant si elle est bien tardive est vraiment belle.

  6. Je n’ai aucun lien avec ces familles mais j’ai toujours été horrifiée par ces massacres ignobles, au nom de qui ? de quoi ? pauvres gens. MERCI pour l’initiative sottevillaise d’avoir posé ces pavés de mémoire. Il ne faut pas oublier.
    Annick Vallée

    • Une petite précision : C’est grâce à l’association « Pavés de Mémoire Rouen Métropole » que 13 pavés ont été posés à Sotteville et 70 à Rouen. Ce n’est donc pas une initiative sottevillaise, mais bien à l’échelle de la métropole.

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