Construction de l’Anjou, le premier immeuble de la « Zone Verte »

L’Anjou est le premier des sept immeubles qui constituent la « Zone Verte ». Ce nom a été donné à cet ensemble à la Reconstruction, mais aujourd’hui on dit « Espace Marcel Lods », du nom de l’architecte-urbaniste qui l’a conçu. Il a été construit sur l’ancien centre-ville, afin de reloger les milliers de familles qui étaient toujours dans des baraquements provisoires depuis le bombardement de leur maison en 1944.

Le premier coup de pioche a été donné en 1946, mais à cause des débuts difficiles de la Reconstruction (il faut faire vite et économique, mais avec un manque d’outillage moderne et des méthodes de construction nouvelles à découvrir), la construction de l’Anjou est arrêtée et ne reprend qu’en 1949. Cependant, deux petits prototypes (rue Fouache) avaient cependant été construits précédemment.

Les deux photos de la construction de l’Anjou ont été prises par Marcel Lods lui-même :

Construction immeuble Anjou - Espace Marcel Lods - Sotteville-lès-RouenImmeuble Anjou - Espace Marcel Lods - Sotteville-lès-RouenVisite de chantier en 1950, l’immeuble Anjou en 2017 au même endroit (le Bourgogne construit juste après, bouche un peu la vue), et un mixage des deux époques juste pour s’amuser :

Chantier immeuble Anjou - Zone Verte - Sotteville-lès-RouenEspace Marcel Lods- Sotteville-lès-RouenAnjou SottevilleSur cette photo de juin 1954, les trois immeubles ABC le long de la rue Garibaldi sont terminés : Anjou (le plus petit, premier construit), Bourgogne (à gauche) et Champagne (à droite, dernier construit).
On remarque en bas à droite de la photo, que beaucoup de travaux seront encore nécessaires pour donner à l’Espace Marcel lods son aspect d’aujourd’hui (photo suivante) : beaucoup d’habitations plus ou moins endommagées par les bombardements sont encore présentes et les autres immeubles pas encore construits…
Construction immeubles Anjou Bourgogne Champagne - Espace Marcel Lods - Sotteville-lès-Rouen

VOIR AUSSI :
Tous les articles sur la Reconstruction et sur l’Espace Marcel Lods.
La biographie de Marcel Lods

6 commentaires

  1. Malgré les difficultés économiques et le manque d’outillage moderne à l’époque de la reconstruction , il est remarquable de constater aujourd’hui la qualité et la solidité exemplaires de ces immeubles !

  2. Excellent reportage qui complète mes « connaissances restreintes » sur une ville que j’ai beaucoup fréquentée.

  3. Comme quoi, en construisant économique, à cette époque, on savait construire des immeubles de qualités, et qui tiennent dans le temps et restent élégants. Comparé aux immeubles modernes, leurs façades ne se ternissent pas, on n’ont pas besoin de multiples ravalements, coûteux pour les habitants… Un exemple pour nos jeunes architectes…

  4. Il est dommageable qu’il n’y ait pas un contrôle plus assidu du service urbanisme sur les travaux impactant la facade alors que ces 3 immeubles sont protégés au titre du PLU.
    On compte trop sur les conseils syndicaux. Or, déjà, certains n’ont pas cette conscience patrimoniale. De plus, il est arrivé que certains membres soient menacés par d’autres copropriétaires.
    Donc les maires ont voulu la loi de decentralisation en 1983 pour avoir main mise sur le foncier.
    Il serait bien que la mairie de Sotteville soit un peu plus impliquée à ce titre car autoriser certaines vérandas en angle peut se comprendre mais sur les balcons en long, cela dénature complètement ces immeubles. De plus, quid de l’impact du poids à terme sur l’édifice. Dans kes livres sur les plantes, on nous mets en garde sur le poids ds pots pour les plantes. Je n’ai jamais vu aucune remarque quant à ce point pour la mise en place des chassis en metal +le verre…. les fissures sur les piliers du bourgogne devraient peut-être interpeler non ?
    De plus avec la loi de transition énergétique, si on veut conserver ces facades telles quelles, il conviendrait que la mairie engage au plus vite l’instauration d’un Site Patromonial Remarquable (SPR). En effet, en l’état, les fenêtres remplacées ne respectent pas les profils d’origine. Les proprietraires faisant comme bon leur semble. Idem pour les volets roulants avec les coffres mis dans l’embrasure des fenêtres alors qu’il y a un emplacement prévu pour dissimuler ces derniers…. Donc un SPR limité à la zone serait un minimum. Ne serait-ce que pour respecter la qualité intrinsèque de ces immeubles construits à l’economie certes…mais qui trouve ces limites aujourd’hui.
    Un travail réel de concertation avec les divers organismes tels que l’ANAH, le service de la métropole qui aide à la transition mais aussi le CAUE, la Fondation du patrimoine et la direction régionale des affaires culturelles devrait être engagé pour permettre à ces copropriétés d’engager des travaix de fond au risque sinon de voir ces bâtiments perdre leur singularité et se fondre dans l’uniformité qu’impose l’isolation extérieure. On le voit déjà avec la transformation des maisons en brique avec leur bandeau et les fenêtres sur le même modèle de prefabrication. que ces immeibles..
    Il n’y a qu’a voir, excepté côté immeuble Dauphiné où les appartiennents sont à des proprietaires privés, l’immeuble Gascogne côté ecole Raspail est celui qui a une façade la plus conservée, la plus homogène au niveau menuiserie.
    Il serait de bon ton de rappeler la phrase de Victor Hugo quand aux travaux – pas les mots exacts mais vous comprendrez son idée : le propriétaire n’a que pour propriété son usage. La façade appartient à la collectivité.
    En espérant que ce message face prendre conscience qu’il faut bien profiter de ces immeubles en l’etat avant de voir continuer bien inexorablement leur défragmentation avec les changements de menuiseries mais bien plus grave avec l’impossibilité très bientôt de louer pour certains propriétaires bailleurs qui se moqueront bien de la qualité architecturale et demanderont l’isolation extérieure.
    Il y a d’autres moyens par l’isolation intérieure, avec un travail sur les volets, et sur l’aération et le chauffage, etc….
    Un travail de fond et non par à coup….et aussi et surtout une volonté politique patrimoniale de la part de la municipalité. Construire c’est bien mais préserver ce qui existe et qui témoigne d’un passé proche où l’on faisait appel à de grands architectes pour diriger et mettre en place la politique urbaine.est un imperatif absolu si vous ne voulez pas que cette page sur l’histoire de cette reconstruction ne soit plus qu’une simple archive…

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