De la chaudronnerie de fer à l’Atelier 231, centre national des Arts de la Rue

Les ateliers Allcard-Buddicom se sont installés en décembre 1845 près de la voie ferrée Paris-Rouen, inaugurée en 1843. Mais, l’industrie ferroviaire ayant une très forte expansion à cette époque, les ateliers connaissent des agrandissements réguliers. C’est ainsi que la « Chaudronnerie de fer », bâtiment qui nous intéresse ici, est construite en 1878.

Cet atelier comporte trois halles : La plus petite est destinée aux machines-outils, les deux autres, à la construction des chaudières des machines à vapeur :

Hélas, pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’établissement subit plusieurs bombardements et devient inutilisable. Malgré la tentative de remise en service après la Guerre, la surface des bâtiments et le volume des activités ont considérablement diminué. Ce déclin s’est soldé le 1er janvier 1970 par le rattachement des ateliers Buddicom à ceux de Quatre-Mares. En février 1991, toutes les activités ont cessé.

L’ancienne Chaudronnerie de fer fait partie des rares bâtiments à avoir miraculeusement été épargnés par les bombardements.
Au fond, sur cette photo, on reconnaît la forme de ses toits :

Daniel Andrieu, directeur artistique du festival Viva-Cité depuis 1989, élabore le projet d’aménagement, ce qui mène au rachat par la Ville de Sotteville-lès-Rouen en 1997 du bâtiment en friche depuis 1978, dans le but d’en faire un lieu artistique et culturel.
En tant que fondateur, il devient directeur de ce qui s’appelle désormais « Atelier 231 ». Sa réhabilitation est confiée aux architectes Laurent Israël et Bernard Grimaud.

Le jeudi 19 novembre 1998, l’Atelier 231 est inauguré en présence de Catherine Trautmann alors ministre de la culture. Véritable base arrière au festival Viva-Cité, c’est aussi, à l’année, un espace de création, de répétition, de résidence des compagnies de théâtre de rue et un lieu d’accueil du public.

Pierre Pane devient Président de l’association Atelier 231 en juillet 2001.
Cette même année, l’Atelier 231 devient Pôle Régional des Arts de la Rue.
Il est reconnu par le Ministère de la Culture dès 2005, puis devient en 2008 l’un des plus importants parmi les 14 Centres Nationaux des Arts de la Rue.
Anne Le Goff, qui a fait ses premiers pas sur Viva-Cité, a été nommée directrice de l’Atelier 231 en 2015 par Fleur Pellerin, ministre de la Culture.

Avec ces photos prises lors de journées du patrimoine, nous retrouvons l’aspect actuel de l’Atelier 231, à commencer par l’intérieur de la « Grande Halle », prise sous le même angle que la photo historique :

Le nom d’« Atelier 231 » est un hommage au modèle de locomotive « Pacific 231 », réparé jadis en ces lieux.
D’ailleurs l’association « Pacific Vapeur Club », dont les locaux jouxtent ceux de l’Atelier 231, entretient la locomotive à vapeur « Pacific 231 G 558 » datant de 1922.
En voici une photo d’archive, car elle est actuellement entièrement démontée pour restauration :

6 commentaires

  1. Comme il est dit dans une chanson d’un auteur-compositeur interprète français :
    Dans le pré d’la maison du passage à niveau
    J’ai vu le nez des trains et j’ai vu leur derrière
    Comme les averses, les trains sont pressés
    La vie nous transperce et c’est le passé.

    • Bonjour et merci d’avoir fait ces photos-patrimoine et de conserver l’atelier 231. Mon père Pierre Le Pévédic, meilleur apprenti de France à la Sorbonne, tourneur sur métaux, a travaillé aux ateliers Quatre-mares (1935-1942 -43) complètement détruits, les cheminots furent évacués en région parisienne. SVP qui pourrait me retrouver des archives, je suis très attachée au passé, au patrimoine. Merci

  2. Je ne comprendrai jamais pourquoi les anglais ont bombardé ces ateliers, en faisant plus de 600 mots civils à Sotteville, des bombardement imprécis alors qu’il suffisait de bombarder les voix de chemin de fer avant et après Sotteville ! Ces anglais avec les américains ont peut être libéré la France des nazis, mais ils ont tué une multitude de français innocents.

    • Hélas
      Mais les faits historiques sont là.
      Petain avait signé l armistice et fait un pacte avec l ennemi.
      La France était un pays ennemi pour les anglais et tous ceux qui avaient refusé cet armistice

  3. Magnifique souvenir de Pierre bien entendu mais aussi de Daniel ! L’inauguration du Centre fut mémorable et grandiose ! (Deux pages dans « Libération ». Merci d’avoir rappellé le nom des architectes mais il est vraiment dommage que jamais ne soit mentionné le nom de l’artiste Granjabiel (Jean Gabriel Monnier) qui, bénévolement, avait peint la magnifique porte coulissante visible dans l’axe de l’atelier, d’autant plus que cet artiste est aujourd’hui largement reconnu et exposé ! Amitiés à tous Laurent Israël

    • Merci Laurent, et merci à l’architecte qui, avec Bernard Grimaud a su préserver le génie du lieu en intervenant avec prudence et de façon brillante permettant ainsi de garder le génie du lieu.

      Toutes nos excuses pour l’oeuvre de Jean Gabriel Monnier qui effectivement à créer son oeuvre bénévolement.
      Nous allons faire en sorte de le réintégrer dans les oeuvres de la ville.

      Avec mon respect et mon amitié Daniel Andrieu

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