L’histoire du Stade Sottevillais

À l’occasion du centenaire de son inauguration, le Stade Sottevillais a réalisé une exposition en septembre dernier. Puisque nous n’avons pas encore évoqué le stade sur ce site, c’est l’occasion de retracer son histoire et apporter une présentation générale. Nous reviendrons par la suite sur des points plus précis en images…


À la sortie de la Première Guerre Mondiale, le sport se démocratise avec la multiplication des « sociétés », actuelles « Fédérations ». La semaine de travail passe de 60h à 48h, ce qui permet à la classe ouvrière d’accéder aux loisirs.

Le 1er juillet 1920, l’association du Stade Sottevillais « Société omnisports » est créée, regroupant 7 sociétés sportives, dont l’Auto-Cycle sottevillais, en 1898 qui existe toujours, tout comme la société de gymnastique, « La Sottevillaise », fondée en 1884 ; cette dernière adhère au Stade Sottevillais par la suite.

L’acharnement de Émile Morel, président de l’association et conseiller municipal, a conduit la Commission Départementale à mettre à disposition une portion de terrain de 6 hectares dans le terrain dit « des 40 acres » à l’intérieur de l’hôpital psychiatrique, mais le stade devait l’aménager.

Avec son équipe, il a conçu un projet d’aménagement comprenant un vélodrome avec une piste d’athlétisme, un terrain de football, une tribune de 800 places, ainsi que des aménagements divers pour accueillir des fêtes sportives.

Le Stade Sottevillais et sa tribune - Sotteville-lès-Rouen
Le stade et sa première tribune

Le stade est inauguré le dimanche 9 juillet 1922 sous la présidence d’Henry Paté, Haut Commissaire de l’Éducation et des Sports et en présence de Eugène Tilloy, maire de Sotteville-lès-Rouen. Les animations populaires et sportives se sont même prolongées jusqu’au dimanche suivant, regroupant les champions de l’époque.

L’« Union des Nageurs de Sotteville » est fondée en 1922 par d’anciens marins travaillant « au chemin de fer » de Sotteville. On y apprenait à nager depuis un vieux bateau sur le Seine. La piscine à ciel ouvert du stade n’a été inaugurée qu’en 1937, le 18 avril, en présence de Léo Lagrange, sous-secrétaire d’État aux Sports.
Plusieurs autres associations voient le jour ensuite ; et, c’est lors de l’assemblée générale du 1er octobre 1942 que les sociétés sportives indépendantes fusionnent sous le nom de Stade Sottevillais Omnisports.

La piscine à ciel ouvert du stade de Sotteville-lès-Rouen
La piscine à ciel ouvert (photo : 2 juillet 1952)

Le 28 mars 1943, mais surtout le 19 avril 1944, le stade subit les bombardements de la Seconde Guerre Mondiale. À l’exception de la piscine, tout est détruit : tribunes, terrains de foot et de basket, installations pour l’athlétisme et pour la gymnastique…
Il fut décidé de ne pas reconstruire la piste cycliste trop touchée, à cause d’une utilisation très aléatoire.

En 1945, Pierre Blanchot succède à Charles Degrémont à la présidence. Déjà membre du bureau, c’est le premier président issu de la SNCF.
Cette même année, la superficie du stade passe de 6 à 9 hectares et, le 18 juin 1945, le Stade Sottevillais remet à la Ville de Sotteville les installations, celle-ci s’engageant à reconstruire un stade plus moderne.

Stade de Sotteville-lès-Rouen bombardé.
Le stade après le bombardement du 19 avril 1944 (collection Rémy Louis)

Lors de l’assemblée générale du 2 janvier 1946, les statuts sont modifiés. Désormais la raison sociale devient Stade Sottevillais Cheminot Club. 50% des membres du Comité Directeur devront être des agents SNCF et les fonctions les plus importantes du bureau occupées par des agents SNCF.

Après quelques réparations sommaires pour que le stade puisse fonctionner a minima, les travaux de reconstruction, chiffrés à 17 500 000 F, débutent en 1949. Le Ministère de l’Éducation Nationale et des Sports en prend 65% à sa charge, la SNCF 20% et le reste, par la Ville.

La construction de la salle omnisports a débuté en 1952 pour une utilisation dès 1954. Quant à la tribune, suite à une diminution du financement, les travaux ne débutent qu’en 1962, pour se terminer en 1970. Les salles ont été aménagées en 1972.

Le stade sottevillais Jean Adret en 1961 - Sotteville-lès-Rouen
En 1961, la salle omnisports est construite mais pas encore la nouvelle tribune

Le déplacement de l’entrée du stade a été réalisé au début des années 50, celle-ci donnant auparavant sur l’avenue du 14 Juillet.
Le parking extérieur en a été aménagé en 1954.
Le mur de la rue Paul Eluard a été monté dans les années 60.
La piscine couverte a été construite en 1975.

La nouvelle piste d’athlétisme à 8 couloirs a été inaugurée le 28 mai 1987. Avec l’installation d’une cabine de chronométrage électrique en haut des tribunes, la même année, le stade d’athlétisme est maintenant aux normes internationales, ce qui lui permet d’organiser chaque année le très renommé Meeting International d’athlétisme.

La tribune et la piste d'athlétisme du Stade Sottevillais Cheminot Club à Sotteville-lès-Rouen
La tribune et la piste d’athlétisme actuelles

En 1996, à l’assemblée générale, les statuts sont modifiés sur deux points majeurs : le premier, dans la composition du Comité Directeur : celui-ci n’est plus majoritairement composé d’agents SNCF ; le deuxième permet à des associations d’être membres de l’omnisports. Ainsi la section athlétisme se constitue en association avec statuts et personnalité juridique propre, sous le nom de Stade Sottevillais 76

En 1997, le Stade Sottevillais Cheminot Club prend le nom de Jean Adret. Cet adjoint aux sports et à la jeunesse de 1968 à 1983, aux côtés du maire de l’époque Roland Tafforeau, a été un grand artisan de l’essor du stade. Il est décédé le 18 décembre 1996.

Jean Adret
Jean Adret, premier adjoint au maire au sport et à la jeunesse

Aujourd’hui, le SSCC compte environ 3000 adhérents répartis en 13 sections et 2 associations membres : Basket, Sport Boules, Club d’utilité Canine, Escrime, Football, Gym Volontaire, Handball, Judo, Lutte, Pétanque, Randonnée pédestre, Tennis, Tennis de Table, Stade Sottevillais 76 Athlétisme, Stade Sottevillais Cardio Sport.


Toutes ces informations sont issues de l’exposition du centenaire.
Un grand merci à Annie Devaux-Boquie, secrétaire du Stade,
Michel Devaux, ancien président et réalisateur de l’exposition,
Rémy Louis, collectionneur de cartes postales et photos.

9 commentaires

  1. Je découvre avec beaucoup d’émotion la piscine où j’ai appris à nager …. là température de l’eau était souvent fraîche !!!

  2. Plein de souvenirs à la lecture de ce retro-reportage. Je revois les cabines de la piscine, le petit bassin avec de l’eau à la ceinture, puis le grand bassin en photo. Les buts de water-polo. Il y avait les épreuves de sports lors du certificat d’études au niveau du terrain situé dans le prolongement. Etc. ..

  3. J’ai joué au handball dans la salle qui n’était pas chauffée. Je peux vous dire que l’hiver c’était glacial. Les vestiaires n’étaient pas encore construits.

  4. Le SSCC a compté parmi ses glorieux licenciés le décathlonien Alain BLONDEL, plusieurs fois champion de France, et champion d’Europe à Helsinki (1994). Son malheur a été d’être contemporain de Christian Plaziat, qui le devança souvent de quelques points.

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